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Cuisine locale, vins de chez vous!

Cuisine locale, vins de chez vous!

À Saint-Bruno-de-Montarville, au Bistro «Louis XIV aurait aimé...», on se régale avec les vins de chez soi. Un resto «Apportez votre vin» qui vaut le détour!

En poussant la porte de cette jolie maison, en face de l’hôtel de ville de Saint-Bruno-de-Montarville, on est plongé dans une atmosphère enveloppante. Rassurez-vous, Louis XIV a pris congé de dorures et de fioritures! Poutres de bois, lampes et cadres anciens, et mobilier chaleureux.

Copropriétaire, avec le restaurateur longueuillois Raymond Girard, le chef Michel Racine signe ici une cuisine du terroir qui mise d’abord sur la fraîcheur des arrivages. «Le menu change tous les mois, explique-t-il. Je privilégie bien sûr les produits locaux, comme le bison de la Petite-Nation de la ferme Takwânaw, que j’aime particulièrement, mais je ne me limite pas à ceux-ci.»

La base de sa cuisine est française, avec des accents d’Asie ou d’Afrique du Nord. Lorsque nous y sommes passés, il y avait au menu un cake de crevettes aux épices nanami togarashi — mélange japonais de sept épices et aromates—, et un duo de ris de veau et pétoncles sur une purée de pois chiches au zaathar qui, lui, est typique du Moyen-Orient.

Les tendances en vedette

Le chef s’inspire de ce qui se fait ici et ailleurs dans le monde. Ainsi, il apprécie la cuisson sous vide, très prisée des chefs depuis plusieurs années et de plus en plus en vogue auprès des foodies. «C’est une cuisson lente, à température contrôlée. Je l’utilise entre autres pour le contre-filet de bison. Celui-ci cuit dans un sac sous vide avec des aromates, dans l’eau à 55°C (135°F), pendant trois heures. Ensuite, il suffit de le saisir à la poêle. La viande est exceptionnellement tendre, parfaitement saignante, les saveurs concentrées!»

Et la cuisine végane, tendance de l’heure s’il en est une? «Ma blonde fait pousser plein de kale dans le jardin et l’été, j’en mange à toutes les sauces», dit-il en riant. Mais au resto, il met la pédale douce. «On a toujours un plat végé, si ce n’est végane, au menu. Mais mes clients sont plutôt viande.»

Si le menu change au gré des saisons, certains plats demeurent. «Il y a toujours du canard, en magret ou en cuisse. La poutine au homard avec sauce béchamel au gouda fumé est un autre plat signature. Les tartares sont aussi incontournables, avec des fraises en été, d’autres fruits en hiver.» Et le boudin aux pommes et pastis, qu’on retrouve dans tant de commentaires sur le Web? «Je n’ai vraiment pas le choix de le garder!» s’exclame le chef. «Tu parles de moi?» demande Raymond qui passe à ce moment-là. Les deux rigolent. On sent leur complicité. Ils se connaissent depuis 20 ans. Michel a travaillé comme chef au resto de Raymond, le Comme par Hasard, à Longueuil, pendant plusieurs années. Ils sont restés amis. Et il y a 11 ans, Raymond ayant vendu son restaurant, tous deux ont eu un coup de cœur pour ce quartier et cette maison de caractère.

Apportez le vin que vous aimez…

En écoutant les deux complices, on ne peut s’empêcher de penser que, décidément, les habitants de Saint-Bruno-de-Montarville sont chanceux. Tout à côté de la métropole, ils ont non seulement les kilomètres de sentiers de randonnée du parc national du Mont-Saint-Bruno à leur porte, mais aussi une station de ski alpin! Et, depuis une décennie, ce charmant restaurant où l’on apporte son vin. Pas étonnant que la clientèle locale s’y presse en toute saison! «Nous n’avons pas vraiment de période creuse, explique le chef, même pas janvier et février.» Les gens de la place, les réguliers, composent un peu plus de la moitié de la clientèle. Les autres viennent d’ailleurs de la Rive-Sud et aussi de Montréal.

On sait que le sommet du mont Saint-Bruno recèle sa part de splendides demeures où vivent des gens riches et célèbres. Mais cela ne fait pas du resto un endroit guindé. Au contraire, on vous accueille ici en toute simplicité. Zéro snobisme, que vous arriviez avec une bouteille de grand champagne ou votre rouge de la SAQ du coin. Le personnel est sympathique et attentionné, l’ambiance relax, la clientèle joyeuse, et ravie du bon repas et des prix raisonnables!

Un accord sur mesure!

Le restaurateur n’hésite pas à faire preuve de flexibilité pour faire plaisir à ses hôtes. Certains apportent parfois de très vieux millésimes — Michel se souvient d’un Châteauneuf-du-Pape 1978! «J’ai des clients qui arrivent avec des bouteilles de collection, raconte-t-il. Alors, j’adapte la sauce, les accompagnements…» Voilà un service personnalisé!

Filet de porc laqué au sirop d’érable, tamari et épices

Pour 4 personnes

2 filets de porc
5 ml (1 c. à thé) de beurre
60 ml (1/4 tasse) de sirop d’érable
30 ml (2 c. à soupe) de tamari
2,5 ml (1/2 c. à thé) de cannelle moulue
2,5 ml (1/2 c. à thé) de coriandre moulue
2,5 ml (1/2 c. à thé) de cumin moulu
Sel et poivre

1. Chauffer le four à 180°C (350°F). 2.Couper les filets de porc en médaillons. Saler et poivrer. Saisir dans une poêle chaude avec le beurre. Finir la caisson au four 20 minutes. 3. Dans une casserole, faire chauffer le sirop d’érable jusqu’à consistance de caramel. 4. Ajouter le tamari et laisser épaissir. 5. Ajouter les autres épices et retirer du feu. 6. Arroser les médaillons de ce caramel.

Quoi boire avec ce filet de porc?

Le filet de porc, l’une des coupes les plus tendres, possède un grain fin que le pinot noir rehausse à merveille. D’une grande générosité sur le fruit, celui de la maison Beringer fera écho à la sauce laquée grâce à de belles tonalités de sucre d’orge, de cannelle et d’épices douces conférées par son élevage en fût.

Beringer Founders' Estate Pinot Noir

18,95 $

Beringer Founders' Estate Pinot Noir

Vin rouge750 mlÉtats-Unis
Beringer Founders' Estate Pinot Noir

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18,95 $

Vin rouge750 mlÉtats-Unis, CalifornieCode SAQ : 00903245

 

Photos: Julien Faugère

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