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Résolution 2020: en mode découverte

Résolution 2020: en mode découverte

Le monde du vin est presque infini dans sa diversité. Profitons de l’arrivée de 2020 pour mieux l’explorer.

Avec l’arrivée du Nouvel An vient le temps des résolutions… pas toujours faciles à garder tout au long de l’année. Alors, pourquoi ne pas s’en donner une délicieuse, pleine de découvertes et de plaisirs inattendus, en explorant le monde du vin sous de nouveaux angles – et de nouveaux raisins?

Vous connaissez certainement le chardonnay, le cabernet sauvignon et le pinot noir, mais saviez-vous que sur la planète, environ 1 500 cépages sont utilisés pour produire du vin? Avez-vous goûté le beau fruit rouge et les tannins costauds, mais mûrs d’un areni d’Arménie ou d’un saperavi de Géorgie? Ou encore, en blanc, l’énergie d’un treixadura espagnol ou la jolie rondeur d’un timorasso du Piémont?

Le catalogue de la SAQ comprend plus de 220 cépages – juste pour les vins blancs. Pas le temps de s’ennuyer, si on prend le temps d’explorer un peu plus les rayons, dans le secteur des spécialités et des régions moins connues. Il est beau, le soleil de la Californie, mais celui de la Grèce ou de l’Uruguay n’a vraiment rien à lui envier. Et un rosé d’Australie ou d’Espagne peut probablement faire des heureux aussi bien qu’un rosé de Provence.

En prime, l’exploration des cépages moins connus a souvent des avantages… budgétaires. En Californie, le carignan, le valdiguié ou le viognier coûtent nettement moins cher la tonne que le cabernet sauvignon de Napa Valley, ce qui se reflète forcément dans le prix des bouteilles. Et on n’enlève rien aux mérites des grands vins de Toscane en jetant un coup d’œil sur un negroamaro des Pouilles ou sur un grechetto d’Ombrie.

Bien sûr, on peut être un peu hésitant devant un falanghina, un agiorgitiko, un carricante ou un zweigelt, en se demandant ce que ça mange en hiver (et ce que ça goûte au printemps). Mais en cette ère où nous sommes pratiquement en symbiose avec nos téléphones intelligents, une petite recherche en pleine succursale vous dira rapidement si le vin devant vous est gouleyant, structuré, vif ou rond, et quel genre de saveur peut se cacher dans un loureiro ou un pelaverga. Si la contre-étiquette ou un conseiller ne vous ont pas déjà donné les réponses espérées.

Le tour des terroirs

Sans même aller courir trop loin sur le sentier des cépages méconnus, on peut aussi s’appliquer à comparer ce que les diverses régions et terroirs apportent au pinot noir, au mourvèdre ou au merlot. En mettant côte à côte un grenache espagnol et un grenache australien, on y trouvera certainement des différences considérables, mais aussi des ressemblances. Le fruit est-il plus rouge ou plus noir? Quelles sont les notes d’épices de l’un ou de l’autre?

De même, les cabernets d’Argentine sont-ils vraiment si différents de ceux du Chili? À quel point un chardonnay d’Australie ou d’Autriche se compare-t-il à un chablis, un des hauts lieux de ce cépage?

Comme pour les cépages moins connus, les régions moins connues ont souvent l’avantage d’offrir des prix compétitifs. Alors que le monde entier aimerait goûter aux grands crus de Bourgogne ou aux plus grands barolos, la République tchèque ou la Bulgarie ont encore à faire leur réputation. Le prix de l’hectare de vigne, même très qualitatif, y reste aussi nettement plus intéressant qu’à Pauillac ou à Montalcino, ce qui favorise le maintien de prix accessibles, puisque les coûts de production en sont d’autant réduits. En plus, en allant voir un peu plus loin sur la planète vin, on favorise la diversité du paysage viticole et souvent, le maintien de longues traditions qui pourraient autrement se perdre.

Ici, c’est ailleurs

Tant qu’à se renouveler les papilles, on peut aussi regarder directement dans notre cour. Les vins québécois, dont l’histoire approche désormais quatre décennies, ne cessent de progresser. Des dégustateurs internationaux chantent leurs louanges et on en trouve désormais sur des tables new-yorkaises réputées et branchées.

En plus de produire des chardonnays ou des pinots gris surprenants et qualitatifs, les vignerons d’ici maîtrisent de plus en plus les particularités des cépages hybrides adaptés à nos conditions climatiques exigeantes. Ils expriment de plus en plus clairement les personnalités spécifiques des dits cépages, comme en témoignent de nombreux rosés agréablement aromatiques, des blancs énergiques et des rouges gouleyants et souples.

Si vous n’avez pas encore fait le saut vers les vins de chez nous – ou que vous hésitez à le faire plus souvent – dites-vous qu’on n’est pas tout à fait sans repères. Si on aime la vivacité d’un vinho verde ou d’un muscadet, on se plaira très probablement à déguster un vin tranquille (ou mousseux) à base de frontenac blanc, de vidal ou de vandal-cliche. En rouge, si on aime le cinsault, le pinot noir et d’autres rouges plus légers, il est fort possible qu’on apprivoise sans trop de difficultés les arômes du marquette, un raisin qui compte une bonne part de pinot noir dans son ADN…

Qu’on regarde dans son voisinage ou dans des contrées méconnues, on peut toujours trouver quelque chose d’agréable et de distinctif. Et si jamais une bouteille ne nous convient pas tout à fait, il est bon de se rappeler que ça peut arriver en terrain connu et que c’est un contrat d’un soir, pas de cinq ans. Au fond, même pas besoin de résolution, pour explorer le monde du vin. Juste un peu de curiosité…

En 2020, comptez jusqu’à cent vins

Vous voulez donner un objectif à vos explorations vinicoles? Pourquoi ne pas viser une inscription au Wine Century Club? Cette organisation informelle récompense les amateurs de vin ayant goûté au moins cent cépages différents – et parfois même deux, trois, voire cinq cents cépages. Sur leur site, on vous fournit un formulaire où vous pouvez cocher (ou même ajouter) les cépages dégustés, de l’airen au zweigelt. Une fois votre soumission validée, un certificat et le bonheur d’avoir élargi vos horizons vous attendent.

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